Quelle RAM pour votre NAS ? Tableau par usage et conseils d'upgrade
Après avoir abordé les fondamentaux du matériel NAS, à savoir les processeurs et les disques durs, il est temps de nous pencher surun composant essentiel à ses performances : la mémoire vive (RAM).

la bonne RAM en 20 secondes
Inutile de lire tout le guide si vous savez déjà ce que vous faites avec votre NAS. Le tableau ci-dessous vous donne une réponse immédiate. Vous venez d'acquérir votre premier NAS ? Commencez plutôt par l'installation et la configuration initiale avant de vous soucier de la RAM.
| Usage | RAM conseillée | Pourquoi |
|---|---|---|
| Partage de fichiers, sauvegarde simple | 4 – 8 Go | Peu de processus actifs, le cache système suffit |
| Serveur multimédia en lecture directe | 4 – 8 Go | Les fichiers sont lus tels quels, sans traitement lourd |
| Plex / Jellyfin avec médiathèque complète | 8 – 16 Go | Jaquettes, métadonnées, indexation, plusieurs flux simultanés |
| Photos (miniatures, indexation, reconnaissance) | 8 – 16 Go | La génération de vignettes et la reconnaissance faciale sont gourmandes |
| Synchronisation type Nextcloud / Google Drive | 8 – 16 Go | Indexation permanente, versioning, multiples clients connectés |
| Docker avec quelques services (Home Assistant, Pi-hole, VPN) | 8 – 16 Go | Chaque conteneur réserve sa part de mémoire |
| Docker intensif + bases de données | 16 – 32 Go | Les bases de données adorent la RAM pour leurs caches internes |
| Machines virtuelles | 16 – 32 Go ou plus | Chaque VM réserve sa mémoire à l’avance, sans partage |
| NVR / vidéosurveillance | 8 – 16 Go | Flux vidéo continus, enregistrement, détection de mouvement |
Deux règles simples pour trancher
- Si vous hésitez entre deux paliers, prenez celui qui laisse de la marge.
- Plus vous utilisez d’apps “service”, plus la RAM devient prioritaire.
Synchronisation, indexation photo, bases de données, Docker, versioning : ce sont eux qui transforment un NAS "simple stockage" en petit serveur. Si vous cherchez un modèle capable d'encaisser ces usages, consultez la gamme de serveurs NAS UGREEN pour comparer les configurations disponibles.

Comprendre la RAM sans jargon : les critères qui comptent
La RAM, c’est la mémoire de travail de votre NAS. Elle stocke temporairement tout ce dont le système a besoin dans l’instant : fichiers en cours de transfert, miniatures en génération, métadonnées de votre médiathèque, données des conteneurs Docker. Plus cette mémoire est généreuse, plus votre NAS peut jongler entre les tâches sans ralentir.
Le problème, c’est que les recommandations restent souvent vagues. “4 Go suffisent pour un usage basique.” Mais c’est quoi, un usage basique ? Et à partir de quand faut-il passer à 8, 16, ou 32 Go ?
Capacité (Go) : le levier n°1
C’est le critère le plus simple et le plus déterminant. La capacité indique combien de données votre NAS peut garder en mémoire de travail à un instant donné.
Avec 4 Go, le système gère confortablement le stockage de fichiers et quelques tâches légères. Avec 16 Go, il peut faire tourner une médiathèque Plex, synchroniser vos documents sur Nextcloud, et héberger trois conteneurs Docker sans transpirer. Avec 32 Go, vous entrez dans le territoire des machines virtuelles et des bases de données exigeantes.

Vitesse (MHz) et latence : utile, mais rarement décisif
Les barrettes de RAM affichent une fréquence (2400 MHz, 3200 MHz) et parfois une latence (CL16, CL22). Ces chiffres mesurent la rapidité des échanges entre la mémoire et le processeur.
Sur un PC de jeu ou une station de montage vidéo, ces paramètres comptent. Sur un NAS, leur impact reste marginal. Le goulot d’étranglement se situe presque toujours ailleurs : le réseau, les disques, ou le processeur lui-même.
Traduction pratique : ne payez pas plus cher pour des MHz supplémentaires. À capacité égale, prenez la barrette compatible la moins chère. Vous ne verrez pas la différence au quotidien.
Swap : pourquoi ça dépanne, mais ralentit tout
Quand la RAM est saturée, le système ne s’arrête pas. Il déplace une partie des données en mémoire vers le disque dur ou le SSD. Cette zone tampon s’appelle le swap.
Le problème : un disque, même un SSD rapide, reste des dizaines de fois plus lent que la RAM. Résultat, chaque opération qui passe par le swap prend un temps fou. L’interface devient molle, les applications répondent avec un décalage, et le NAS donne l’impression de patiner.
Le swap est un filet de sécurité, pas une solution. Si votre NAS y recourt régulièrement pendant vos usages normaux, c’est le signe qu’il manque de RAM. Une mise à niveau règlera le problème bien plus efficacement qu’un SSD plus rapide.
ECC vs non-ECC : la règle simple
Certaines barrettes intègrent une fonction de correction d’erreurs appelée ECC (Error-Correcting Code). Cette technologie détecte et corrige automatiquement les erreurs de bits qui peuvent survenir en mémoire.
Ces erreurs sont rares, mais elles existent. Sur un serveur qui tourne 24 heures sur 24 avec des données critiques, l’ECC apporte une couche de fiabilité supplémentaire.
Pour un usage domestique (médiathèque, sauvegardes personnelles, domotique), la RAM non-ECC fait parfaitement l’affaire. Elle coûte moins cher et reste très fiable.
RAM vs cache SSD : ne pas confondre
Une question revient souvent : “J’ai ajouté un SSD de cache, est-ce que ça remplace de la RAM ?” La réponse courte : non. Ces deux composants accélèrent votre NAS, mais pas de la même façon ni au même endroit.
RAM vs cache SSD : ne pas confondre
Quand un NAS paraît lent, beaucoup de gens hésitent entre deux dépenses : ajouter de la RAM, ou ajouter un SSD pour faire du cache. Les deux peuvent améliorer l’expérience, mais ils ne jouent pas le même rôle. Les confondre mène souvent à un achat décevant.
Cache RAM : ultra rapide, mais volatile et limité
La RAM sert d’abord au système et aux applications. Une partie est utilisée comme cache pour accélérer les accès aux fichiers et garder en mémoire des données fréquemment consultées : index, métadonnées, miniatures, listes de dossiers, etc.
C’est extrêmement rapide, mais il y a deux limites simples :
- C’est volatile : si le NAS redémarre, ce cache repart de zéro.
- C’est limité par la capacité : même avec 16 Go, on ne met pas une médiathèque entière “en mémoire”.
La RAM améliore surtout la réactivité et le multitâche. Elle évite au NAS de s’étouffer quand plusieurs services tournent ensemble.
Cache SSD : persistant, extensible, très utile sur accès répétés
Le cache SSD utilise un disque SSD, souvent en SATA ou NVMe, pour accélérer certains accès au stockage. Il brille surtout dans les cas où les disques durs sont pénalisés :
- beaucoup de petits fichiers (photos, dossiers de travail, bibliothèques avec milliers d’éléments)
- accès aléatoires (bases de données, indexation, synchronisation)
- plusieurs utilisateurs qui ouvrent et ferment des fichiers en parallèle
Un cache SSD n’a pas la vitesse brute de la RAM, mais il peut être beaucoup plus grand, et surtout il aide sur des usages où les HDD sont naturellement moins à l’aise. En clair, il peut transformer un NAS “capable mais lent sur les petits fichiers” en NAS agréable au quotidien.
La règle pratique
La RAM et le cache SSD sont complémentaires : la RAM accélère les opérations immédiates, le cache SSD améliore les accès répétés aux fichiers “tièdes”.
Si tu veux une décision rapide :
- NAS qui ralentit quand plusieurs tâches s’empilent (sync + backup + Plex + indexation) : la RAM est souvent le meilleur premier levier.
- NAS lent sur les petits fichiers, dossiers qui s’ouvrent lentement, base de données ou synchronisation active : un cache SSD peut apporter plus de gain perceptible.
Upgrade de RAM : acheter juste, installer sans stress
Vous savez que votre NAS manque de mémoire. Reste à passer à l’achat et à l’installation sans vous tromper.
relever les infos indispensables
Avant de commander quoi que ce soit, notez les caractéristiques de votre NAS. Une barrette incompatible ne fonctionnera pas, ou pire, ne sera pas détectée au démarrage.
| Information à relever | Où la trouver |
|---|---|
| Modèle exact du NAS | Étiquette arrière ou interface web (Infos système) |
| Nombre de slots mémoire | Fiche technique sur le site du fabricant |
| Capacité maximale supportée | Fiche technique ou manuel utilisateur |
| Type de DDR (DDR4, DDR5) | Fiche technique ou étiquette de la barrette actuelle |
| Format de barrette (SO-DIMM, UDIMM) | Manuel utilisateur |
Note pour les utilisateurs UGREEN : seuls les NAS de la série DXP prennent en charge les mises à niveau de mémoire. La série DH dispose de configurations fixes et ne permet pas d’ajouter ou de remplacer la RAM.

Comment remplacer la mémoire vive (RAM) dans un NAS UGREEN DXP
- Éteins et débranche tout : utilise l’interface Web UGOS pour arrêter le NAS, attends qu’il soit complètement éteint, puis débranche l’alimentation et le réseau.
- Place le NAS sur une surface souple et retourne-le pour accéder au panneau de service inférieur.
- Retire les vis qui fixent le capot ou la trappe du dessous, puis enlève le panneau pour exposer la zone du slot mémoire.
- Pousse doucement vers l’extérieur les clips de retenue de chaque côté du SO-DIMM installé afin que le module se relève en biais.
- Fais glisser le module pour le retirer en suivant son angle, en le tenant par les bords et en évitant de toucher les contacts dorés.
- Aligne l’encoche du nouveau SO-DIMM avec le détrompeur du slot (il ne peut s’insérer que dans un seul sens), puis insère-le dans le connecteur avec un léger angle.
- Appuie doucement mais fermement sur le module jusqu’à ce que les clips latéraux s’enclenchent et que le module soit à plat, bien fixé dans le slot.
- Remets le panneau inférieur, resserre les vis, remets le NAS à l’endroit, rebranche l’alimentation et les câbles, puis allume-le.
- Connecte-toi à l’interface Web UGREEN NAS, ouvre Control Panel → About → Hardware (ou Task Manager → Memory) et confirme que la RAM totale correspond maintenant à ta nouvelle configuration.
Si le NAS ne démarre pas ou n’affiche pas la nouvelle capacité, éteins-le à nouveau, réinstalle correctement le(s) module(s) et vérifie que le modèle de RAM correspond aux recommandations de compatibilité d’UGREEN.
FAQ : les questions qui font gagner du temps
4, 8, 16, 32 Go : qu’est-ce qui change vraiment ?
- 4 Go : OK pour un NAS simple, un ou deux utilisateurs, partage de fichiers et sauvegarde légère. Dès que vous ajoutez de la sync ou de l’indexation, la marge devient courte.
- 8 Go : le “palier confortable” pour un NAS domestique polyvalent. Plusieurs tâches peuvent coexister sans que tout se mette à ralentir.
- 16 Go : recommandé si vous utilisez des apps qui tournent en continu (sync type Nextcloud/Drive, indexation photo, Docker) ou si vous avez 3 à 5 utilisateurs réguliers.
- 32 Go et plus : utile si vous empilez des services, si vous avez des bases de données, si vous faites de la virtualisation, ou si une petite équipe travaille dessus tous les jours.
Est-ce que plus de RAM accélère les copies de gros fichiers ?
Pas directement. Sur des gros fichiers, le débit dépend surtout du réseau (1GbE, 2,5GbE, 10GbE), des disques et de la configuration RAID.
La RAM aide plutôt à garder le NAS fluide pendant la copie, surtout si d’autres tâches tournent en même temps.
Pourquoi mon NAS est lent alors que la RAM n’est pas pleine ?
Parce que la RAM n’est pas toujours le goulot. Les coupables les plus fréquents :
- Réseau : lien bloqué à 100 Mbps, Wi-Fi instable, mauvais câble ou switch.
- Disques : HDD saturés à 100 %, beaucoup de petits fichiers, reconstruction RAID, volume trop rempli.
- CPU : transcodage Plex, antivirus, indexation photo, chiffrement lourd.
- Tâches planifiées : sync, vérifications, miniatures, analyse en arrière-plan.
Pour identifier précisément ce qui ralentit votre NAS et y remédier, consultez notre article sur les problèmes de performance NAS et leurs solutions.
Nextcloud / Drive : combien de RAM avec plusieurs appareils ?
Avec un ou deux appareils qui synchronisent, 8 Go peuvent suffire.
Dès que vous avez plusieurs postes, du versioning, des indexations régulières et des clients mobiles en parallèle, 16 Go évitent beaucoup de lenteurs, surtout pendant les pics de sync.
Docker : combien de RAM par service ?
Ça dépend du service, mais voici quelques ordres de grandeur :
| Service | Consommation typique |
|---|---|
| Pi-hole, Adguard | 100 à 200 Mo |
| Home Assistant | 300 à 500 Mo |
| VPN (WireGuard, OpenVPN) | 50 à 150 Mo |
| Nginx, reverse proxy | 100 à 300 Mo |
| Nextcloud (conteneur seul) | 500 Mo à 1 Go |
| Base de données (MariaDB, PostgreSQL) | 500 Mo à 2 Go selon configuration |
| Plex / Jellyfin | 1 à 4 Go selon médiathèque |
VM : combien de RAM minimum pour rester fluide ?
Une machine virtuelle réserve sa mémoire dès le démarrage. Si vous attribuez 4 Go à une VM, ces 4 Go ne sont plus disponibles pour le reste du système, même si la VM ne les utilise pas entièrement.
Pour une VM Linux légère (serveur sans interface graphique), comptez 1 à 2 Go minimum.
Pour une VM Linux avec bureau, prévoyez 2 à 4 Go.
Pour une VM Windows 10 ou 11, le minimum confortable se situe autour de 4 Go, mais 8 Go offrent une expérience bien plus fluide.
Ajoutez à cela les besoins du NAS lui-même (système, applications, cache). Un NAS qui fait tourner une VM Windows correctement a besoin d’au moins 16 Go au total, et 32 Go offrent une vraie marge de confort.