Processeur NAS : guide complet pour choisir entre ARM et x86 en 2026
Après avoir examiné en détail le choix des disques durs pour les systèmes de stockage NAS, intéressons-nous maintenant à un autre composant essentiel de l’architecture matérielle d’un serveur NAS : le processeur (CPU).
Le processeur (CPU) orchestre tout ce petit monde. C’est lui qui gère la reconstruction des données en cas de panne d’un disque (RAID), qui distribue vos photos et vidéos sur le réseau local. Pour assurer la sécurité de vos fichiers, il est d’ailleurs primordial de bien choisir les différents niveaux de RAID pour NAS, car chaque configuration demande un effort de calcul spécifique au processeur. Si vous installez des applications comme Plex, Jellyfin ou des conteneurs Docker, c’est encore lui qui fait tourner la machine.

Faut-il pour autant viser le processeur le plus puissant du marché ? Pas forcément. L’idée, c’est plutôt de trouver le bon équilibre entre la puissance nécessaire à vos usages et une consommation électrique raisonnable pour un appareil qui ne s’éteint jamais.
Voici comment vous situer en 10 secondes
| Votre usage principal | Ce qui compte le plus | Exemple de processeur |
|---|---|---|
| Plex en lecture directe | Réseau et disques rapides | Rockchip RK3576 |
| Plex avec transcodage | Accélération vidéo (iGPU) | Intel N100 |
| Docker / Machines virtuelles | Cœurs, virtualisation, RAM, SSD | Intel Core i3-8505 |
| Archives et sauvegarde | Fiabilité, faible consommation | Rockchip RK3576 |
| Réseau 10 GbE | CPU solide pour le chiffrement et les transferts simultanés | Intel Core i3-8505 |
Architectures : x86 vs ARM
Avant de comparer les modèles de processeurs, il faut comprendre qu’il existe deux grandes familles d’architecture : x86 et ARM. Ce choix fondamental conditionne ce que votre NAS pourra (ou ne pourra pas) faire. UGREEN NAS englobe des produits NAS dotés de deux architectures CPU distinctes, consultez notre sélection de serveurs NAS, pratique pour repérer d’un coup d’œil les configurations et options disponibles.

x86 : la polyvalence avant tout
L’architecture x86, portée par Intel et AMD, domine le monde des PC depuis des décennies. Dans un NAS, elle offre une compatibilité quasi universelle : toutes les images Docker fonctionnent, les machines virtuelles tournent sans bricolage, et les logiciels professionnels s’installent sans surprise.
Côté multimédia, les puces Intel intègrent QuickSync, un moteur de transcodage vidéo matériel. Concrètement, votre NAS peut convertir un film 4K à la volée pour l’envoyer sur votre smartphone, sans que le processeur ne s’essouffle.
Idéal pour : le transcodage 4K, la virtualisation, les environnements Docker variés, les usages professionnels avec plusieurs utilisateurs simultanés.
ARM : la sobriété comme philosophie
Les processeurs ARM (Realtek, Annapurna Labs, Rockchip) viennent du monde mobile. Leur ADN : faire plus avec moins.
Pour du stockage pur, de la sauvegarde automatisée ou un serveur de fichiers familial, c’est amplement suffisant. Le prix d’entrée est aussi plus doux, ce qui en fait un choix pertinent pour les petits budgets.
Idéal pour : le stockage simple, la sauvegarde, les serveurs domestiques où le silence et la consommation comptent plus que la puissance brute.

Le bon choix en une phrase
Si votre NAS doit surtout stocker et partager, l’ARM est souvent le choix le plus rationnel. Si vous voulez plus de liberté côté logiciels, du transcodage, du Docker varié, ou de la virtualisation, le x86 offre une marge plus confortable. Le mieux, c’est de partir de ce que vous ferez réellement chaque semaine, pas de ce que vous pourriez faire “un jour”.
Les indicateurs de performance : au-delà des GHz
La fréquence en gigahertz a longtemps servi de repère unique pour comparer les processeurs. Sur un NAS, cette lecture peut vous envoyer dans le mur, parce que les tâches ne se ressemblent pas : copier des fichiers, chiffrer un dossier, indexer des photos, transcoder une vidéo ou faire tourner plusieurs services en parallèle ne sollicitent pas le processeur de la même façon.
Génération du processeur et IPC
Un processeur récent cadencé à 2 GHz peut largement surpasser un ancien modèle à 3 GHz. La raison tient en trois lettres : IPC, pour Instructions Par Cycle. À chaque nouvelle génération, les ingénieurs améliorent l’efficacité interne de la puce. Résultat : à fréquence égale, un Intel N100 de 2023 exécute bien plus de travail qu’un Celeron J1900 de 2014.
Quand vous comparez deux processeurs, regardez d’abord leur année de sortie et leur génération. La fréquence brute vient ensuite.
Nombre de cœurs et threads
Un cœur, c’est une unité de calcul autonome. Un thread, c’est un fil d’exécution : certains processeurs peuvent traiter deux threads par cœur grâce à l’Hyper-Threading (Intel) ou au SMT (AMD).
Pour du stockage simple et du partage de fichiers, deux cœurs suffisent. Mais dès que vous empilez les tâches (sauvegarde en cours, transcodage Plex, conteneur Docker actif, indexation de photos), un processeur quad-core devient vite indispensable. Chaque service peut alors travailler sur son propre cœur sans ralentir les autres.
Enveloppe thermique : le TDP
Le TDP (Thermal Design Power) indique la quantité de chaleur que le processeur peut dégager en fonctionnement soutenu, exprimée en watts. Plus ce chiffre est élevé, plus le refroidissement doit être costaud, et plus la consommation électrique grimpe.
Un NAS tourne en permanence. Sur une année, la différence entre un processeur à 10 W et un autre à 35 W représente plusieurs dizaines d’euros sur la facture d’électricité. Le TDP influence aussi le bruit : les puces à faible enveloppe thermique peuvent souvent se contenter d’un refroidissement passif, donc d’un silence total.
Petit réflexe utile : si votre NAS doit rester dans un meuble fermé, dans un salon, ou dans une pièce chaude, la sobriété thermique pèse presque autant que la puissance.
Adapter le CPU à vos projets
La théorie, c’est bien. Passons à la pratique. Voici six profils d’utilisation courants, avec les priorités à retenir pour choisir le bon processeur.
Scénario A : Archivage et sauvegarde simple
Vous voulez centraliser vos documents, automatiser les sauvegardes de vos ordinateurs et accéder à vos fichiers depuis le réseau local. Rien de plus.
Pour cet usage, inutile de sortir l’artillerie lourde. Un processeur ARM suffit amplement. Privilégiez une puce à faible TDP, capable de tourner 24h/24 sans ventilateur et sans alourdir la facture d’électricité. Le Rockchip RK3576 ou les puces Realtek d’entrée de gamme font très bien le travail.
Recommandation de serveur NAS : UGREEN DH2300.
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Scénario B : Station multimédia 4K avec Plex ou Jellyfin
Votre NAS devient le cœur de votre installation home cinéma. Vous stockez films et séries en haute définition, et vous voulez pouvoir les regarder sur n’importe quel écran, y compris à distance.
Ici, l’iGPU fait toute la différence. Un processeur Intel récent avec QuickSync (N100, N305, ou Core i3 de dernière génération) vous offre le transcodage matériel indispensable pour convertir les flux 4K sans effort. Vérifiez aussi que le NAS dispose d’au moins 4 Go de RAM pour laisser respirer le serveur multimédia.
Recommandation de serveur NAS : UGREEN DXP2800
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Scénario C : Domotique et conteneurs Docker
Vous faites tourner Home Assistant, un bloqueur de publicités Pi-hole, peut-être un serveur VPN ou une base de données. Votre NAS devient une plateforme applicative.
Docker fonctionne mieux sur architecture x86, où toutes les images sont disponibles. Optez pour un processeur quad-core minimum : chaque conteneur consomme des ressources, et vous voulez pouvoir en empiler plusieurs sans ralentissement. La RAM compte aussi : 8 Go constituent un minimum confortable, 16 Go si vous êtes gourmand.
Recommandation de serveur NAS : UGREEN DXP4800 Plus
Scénario D : Vidéosurveillance et enregistrement (NVR)
Vous connectez plusieurs caméras IP à votre NAS pour enregistrer en continu et consulter les flux à distance.
Chaque caméra génère un flux vidéo que le NAS doit recevoir, décoder (pour l’affichage en direct), et écrire sur les disques. Multipliez par le nombre de caméras, et la charge devient significative. Comptez environ un cœur disponible pour quatre à huit caméras en 1080p, davantage pour des caméras 4K ou si vous activez la détection de mouvement intelligente.
Recommandation de serveur NAS : UGREEN DXP4800 Plus
Questions fréquentes concernant les processeurs des serveurs NAS
Peut-on changer le processeur d’un NAS ?
Dans l’immense majorité des cas, non. Les fabricants soudent le processeur directement sur la carte mère pour gagner de la place, réduire les coûts et optimiser le refroidissement. Contrairement à un PC de bureau, vous ne pourrez pas upgrader la puce dans deux ans. Le choix du processeur se fait donc à l’achat, et il vaut mieux prévoir un peu de marge si vous pensez faire évoluer vos usages.
Ai-je besoin d’une carte graphique dédiée ?
Non. Les NAS n’ont pas de slot PCIe pour accueillir une carte graphique classique, et ce n’est pas un problème. L’iGPU intégré au processeur (QuickSync chez Intel) couvre les besoins en transcodage vidéo. Seuls quelques NAS haut de gamme ou serveurs DIY permettent d’ajouter un GPU dédié, pour des usages très spécifiques comme le machine learning ou le transcodage massif en datacenter.
RAM ou CPU : lequel bride le plus les performances ?
Les deux jouent des rôles différents. Le processeur détermine la vitesse de traitement : transcodage, chiffrement, exécution des applications. La RAM détermine combien de tâches peuvent coexister en mémoire sans ralentissement. Un NAS avec un bon processeur mais seulement 2 Go de RAM s’étouffera dès que vous lancerez plusieurs services simultanément. À l’inverse, 16 Go de RAM ne compenseront pas un processeur sous-dimensionné pour le transcodage 4K. L’équilibre dépend de vos usages : pour du stockage simple, 2 à 4 Go suffisent ; pour Docker et le multimédia, visez 8 Go minimum.
Pourquoi mon NAS est-il lent alors que le processeur n’affiche pas 100 % ?
Le processeur n’est pas toujours le goulot d’étranglement. Plusieurs autres facteurs peuvent ralentir votre NAS :
- Le réseau, d’abord : un câble défectueux, un switch saturé ou une connexion Wi-Fi instable limitent les débits bien avant que le CPU n’entre en jeu.
- Les disques durs, ensuite : les accès aléatoires (beaucoup de petits fichiers) sollicitent énormément les disques mécaniques. Un cache SSD peut transformer les performances dans ce cas.
- La RAM, aussi : si la mémoire est saturée, le système commence à utiliser le swap sur disque, ce qui ralentit tout.
Enfin, les tâches planifiées en arrière-plan (indexation, antivirus, vérification RAID) peuvent monopoliser les ressources sans que vous le remarquiez. Consultez le moniteur de ressources de votre NAS pour identifier le vrai coupable. Si vous voulez aller plus loin dans le diagnostic, notre page sur les solutions aux problèmes de performance détaille les causes les plus fréquentes et les actions simples à tester selon le symptôme.